La muse Kiki de Montparnasse


ART, HISTOIRE / mercredi, novembre 4th, 2020

Né le 2 octobre 1901, Alice Prin dite “Kiki” est tout d’abord élevée par sa grand-mère. Bien que très aimée par sa grand-mère, Kiki vit dans une grande pauvreté. Elle part finalement rejoindre sa mère à Paris en 1913. Dès 1914, elle commence à travailler et sera tour à tour fleuriste, boulangère ou encore visseuse d’ailes d’avion. Après avoir été mise à la porte de son dernier travail, elle accepte de poser nue pour un sculpteur. Sa mère l’apprend et l’abandonne. Mais son histoire ne fait que commencer. Artiste-muse, Kiki de Montparnasse va inspirer de nombreux génies de son temps. Mais quels artistes exactement ?

#1 / Man Ray

Après s’être essayé à la peinture, c’est finalement la photographie qui va rendre l’artiste Man Ray célèbre. L’américain arrive à Paris en 1921 et très vite rencontre la belle Kiki. Elle devient alors son modèle favori mais aussi sa compagne durant de nombreuses années. L’œuvre la plus célèbre de Man Ray représente Kiki de dos : “le violon d’Ingres”. 

Exposition temporaire : le Musée du Luxembourg (Paris) propose une exposition sur “Man Ray et la Mode” du 23 septembre 2020 au 17 janvier 2021. Plus d’informations ici

© Le Violon d’Ingres (1924) & Noire et Blanche (1926) de Man Ray

 

« J’avais trouvé mon vrai milieu. Les peintres m’avaient adopté; finies mes tristesses, il m’arrivait encore souvent de ne pas manger à ma faim, mais la rigolade faisait oublier tout ça. »

Kiki de Montparnasse

Souvenirs, 1929

© Nu couché à la toile de Jouy, Léonard Foujita, 1922

#2 / Tsugouharu Foujita

Foujita a une place importante dans la vie de Kiki. Elle sera le modèle favori du peintre. C’est d’ailleurs le tableau Nu couché à la toile de Jouy, où Kiki pose telle une odalisque, qui sera le plus grand succès du Salon d’Automne de 1922. Cette œuvre sera vendue 8 000 francs ! Bien des années plus tard, lors de l’enterrement de Kiki, Foujita aurait été la seule personne présente…

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La crémerie-restaurant “Chez Rosalie” était un lieu emblématique où de nombreux artistes désargentés se donnaient rendez-vous. Situé au 3 rue Campagne-Première dans le 14ème arrondissement à Montparnasse, ce commerce a malheureusement été détruit pour laisser place à un immeuble… Néanmoins je vous invite à lire le passionnant article au sujet de Rosalia et de son mythique café  sur le blog Les Montparnos juste ici.

#3 / Amadeo Modigliani

C’est dans le restaurant parisien “Chez Rosalie” que Kiki rencontre pour la première fois Modigliani. Elle posera pour lui quelques temps. Kiki écrira au sujet du peintre “C’était bien rare de voir Modigliani à jeûn. Le peu d’argent qu’il gagnait lui servait à apaiser le feu qu’il avait dans le gosier.” Malheureusement, la carrière du peintre fut courte : à 35 ans, il est retrouvé inconscient dans son appartement glacé dans les bras de sa jeune femme Jeanne.

© Femme assise à la robe bleue, Modigliani, 1918-1919

#4 / Moïse Kisling

Moïse Kisling est un artiste polonais né en 1891. Après avoir étudié à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie, il part parfaire son art à Paris. En 1920, il peint son premier portrait de Kiki. Cette année-là est aussi marquée par la mort de son ami Modigliani, c’est d’ailleurs Moïse qui financera les funérailles. Juif, il part se réfugier au Portugal puis aux Etats-Uni durant la Seconde guerre Mondiale. C’est à Los Angeles qu’il rencontre l’actrice Michèle Morgan. Il décide alors de la choisir comme modèle pour un portrait. L’actrice découvre ainsi sa nouvelle passion : la peinture.

Kiki de Montparnasse par Kisling

© La Frileuse, Moïse Kisling, c.1925

Kiki par Calder

© Kiki de Montparnasse (II), Alexander Calder, c.1930

#5 / Alexander Calder

Alexandre Calder est un sculpteur et peintre américain. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’art est une affaire de famille pour les Calder. Son grand-père et son père sont sculpteurs tandis que sa mère est peintre. Célèbre pour ses “mobiles”, il réalise le portrait de Kiki en mai 1929. Il écrira à son sujet : “elle avait un nez merveilleux qui semblait s’élancer dans l’espace” (1). Et en effet, son nez est au centre de sa sculpture en fil de fer. L’oeuvre exposée au Centre Pompidou s’appelle “Kiki de Montparnasse II” car il s’agit d’une reproduction que l’artiste a faite de mémoire un an après l’oeuvre originale.

Kiki a véritablement inspiré les artistes de son époque. Vous pouvez aussi l’admirer dans des oeuvres de Kees Van Dongen, Pablo Gargallo, Gustaw Gwozdecki ou encore Maurice Mendjisky…Véritable icône de son époque, elle est encore célébrée aujourd’hui pour son charme, son tempérament et sa vie hors-norme. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite chaudement à lire le roman graphique de Catel et Bocquet ou encore de visionner le court-métrage Mademoiselle Kiki disponible ici.

  • Kiki de Montparnasse (roman graphique), par Catel et Bocquet, prix 2007 du meilleur album au Lyon BD Festival, éditions Casterman, 2007.
  • Mademoiselle Kiki et les Montparnos (court-métrage), par Amélie Harrault, César du meilleur court métrage d’animation en 2014, production Les Trois Ours, 2014

Quelle oeuvre représentant Kiki préférez-vous ?

Sources utilisées :

1 : Alexandre Calder , Autobiographie , Jean Davidson (trad.), Paris , Maeght , 1972

 

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